Ayant été invité aujourd'hui à l'assemblée générale de la Fédération Régionale des Travaux Publics, on se devait de connaitre notre sujet avant d'y aller.
Je propose donc aujourd'hui un regard sur la crise et la réponse proposée par la FRTP pour relancer l'économie : reconstruire l'économie sur la base de 10 000 projets.
Je le dis tout de suite, beaucoup de critiques apparaissent sitôt qu'on se plonge un tant soit peu dans le dossier.
- La comparaison avec 29 :
On aime à penser que Barack Obama est le nouveau Roosevelt de notre siècle et que son plan de relance est tout comme celui de Roosevelt.
Et sur ce point, on a tort.
Pour relancer l'économie dans les années 30, après la crise de 29 sur laquelle nous reviendrons si nécessaire, Roosevelt a appliqué un programme développé par un grand économiste : Keynes.
Le programme est simple : refondre l'économie sur un nouveau principe et augmenter la dette publique pour investir dans le secteur public.
Mettons les choses bien au clair : le système d'avant 29 fonctionnait sur la conversion possible du dollar en or et vice versa. C'est ce qu'on pourrait appeler un système de balance ou chaque dollar vaut son poids en or. Keynes propose d'abolir ce système archaïque pour relancer l'économie et donc créer de l'argent tout en basant l'économie sur les maths. (Les maths ayant pris un recul certain et une application pratique puissante.)
L'investissement public est donc possible grâce à cette refonte de l'économie.
De plus, l'investissement dans le secteur public, qu'on nomme parfois travaux publics, n'est pas ce que l'on croit être. Cet argent a tout simplement permis la construction et la fabrication massive d'armes. Le plan de relance s'est basé sur un plan militaire ! Ayant vu voir venir un conflit, les américains ont lancé la machine à production, étant sur de la rentabiliser de manière certaine !
Quoi de plus rentable et de potentiel plus value qu'une arme ? Ayant déjà remporté 14 – 18 et étant sorti indemne et enrichi de cette guerre, els Etats Unis se sont lancés dans l'armement massif en vue de devenir la première puissance militaire.
Tout comme les allemands et les russes, les américains ont choisis l'armement pour relancer l'économie et non les Travaux Publics comme on le croit souvent.
Et pour se faire ils se sont basés sur une refonte de l'économie, permettant l'augmentation de la dette publique et la sécurité de l'investissement.
Remarque inutile : l'armement est le seul secteur avec les préservatifs qui ne connait pas la crise. Plus stable que l'or. Comique non ?
La comparaison avec 29 s'écroule donc.
- Plan de relance d'aujourd'hui.
Bon allez, on va dire que l'argumentation précédente est anodine et hors propos.
Posons-nous donc quelques questions simples :
1/ Ou va-t-on trouver l'argent à investir ?
Comprenons nous bien : la crise actuelle est basée sur plusieurs problèmes dont un majeur : le manque de confiance.
Personne ne fait plus confiance à personne. Et à raison d'ailleurs. Le capitalisme sauvage et l'envie de soutirer le plus de profits a fragilisé un système qui ne marchait pas trop mal. Mais voilà, les dettes publiques gonflent, les ménages s'appauvrissent, les entreprises coupent les budgets.
Alors : qui va payer ? Et comment rembourser ?
Parce que, pour avoir parcouru les chantiers proposés par la FNTP, la plupart correspondent à des chantiers locaux sans grandes importances pour l'économie locale ou nationale. Alors oui, les départements vont payés un collège. Oui, les communes vont investir pour un tout à l'égout. Oui l'agglomération va payer pour l'installation de l'éclairage. Mais pourquoi ? Et avec quoi ?
Relancer l'économie en se basant sur les mêmes principes qu'aujourd'hui (le chacun pour sa poire), n'est ce pas risquer de retomber dans une crise encore plus grande ?
Et une fois les projets finis, que faire ? Et qui paiera ?
2/ Imaginons que seuls les grands projets soient retenus :
Comme nous le verrons surement avec le grand Paris, le but est de construire des infrastructures (autoroutes, voies ferrées ...) permettant de relancer l'économie industrielle de la France en facilitant les transports et la rapidité de ceux-ci.
L'idée étant de rester dans la course à la mondialisation.
Sans critiquer ce principe par la même remarque que précédemment, je voudrais que l'on soit réaliste un tant soit peu : que pouvons nous faire face aux états unis et à la Chine ? Nous pauvres français, à part le vin et le fromage, on est leader en pas grand-chose. (Si ! Le BTP et c'est pour ça qu'on est là !)
Alors pourquoi ne pas avoir pensé à créer une dynamique Europe sur cette question de relance ? Il est temps de se demander si nous voulons construire notre futur avec l'Europe ou sans l'Europe. Resterons-nous toujours des pays frontalier, ou créerons-nous un jour une dynamique digne de ce nom ?